Lorsque vous êtes président du comité des finances, il est très embarrassant de découvrir que votre paroisse se situe au haut de la liste des paroisses qui ont diminué leurs investissements de façon draconienne. C’est alarmant lorsque vous jetez un premier coup d’œil à la proposition budgétaire pour la sacristie et que vous constatez que les prévisions vont mettre les finances tellement profondément dans le rouge que l’encre va commencer à ressembler à du sang.

Lorsqu’une crise se présente, l’embarras et l’inquiétude peuvent être les premières réactions, mais ce qui importe c’est ce qu’on va faire de ces réactions ; la question qui se posait à nous était : allions-nous réagir par une action concertée ou par un déni de la déroute ? Heureusement, à l’église Saint-Georges ces vérités désagréables ont agi comme catalyseur de changement. Face à la dilapidation de notre héritage, les paroissiens ont émis ce sentiment populaire : « nous devons vivre selon nos moyens ! ». En d’autres termes, la gouvernance a été grandement négligée dans notre paroisse. Cette constatation ne vise pas à nous dénigrer nous-même ou à blâmer les paroissiens passés ; elle veut simplement dire que lorsqu’on détient un grand portefeuille d’investissements, au-delà de nos désirs et de nos inquiétudes, il est facile d’ignorer l’importance de la gouvernance, qui n’est rien de moins que la réponse miséricordieuse de l’esprit qui constate à quel point Dieu nous a donné.

Notre réaction a donc été d’entreprendre une campagne de gouvernance dont le thème est « Vivre et donner selon nos moyens ». C’est une façon de nous attaquer aux deux côtés de la médaille : une évaluation critique de ce que nous pouvons nous permettre de dépenser et, ce qui est peut-être encore plus important, une comptabilisation plus généreuse de ce que nous pouvons donner. En étudiant les deux facettes de la gouvernance, l’information et l’éducation ont joué un rôle crucial dans l’élaboration d’un plan.

En faisant des recherches au sein de l’Église anglicane du Canada, nous avons découvert que les dons moyens dans les églises étaient d’environ 1 250 $ par année. Notre église se trouvait bien en-dessous de cette moyenne. Alors que cela peut sembler décourageant, savoir que des personnes comme nous donnent généreusement ce dont ils sont capables a été vraiment utile dans la détermination de nos objectifs en matière de gouvernance. Souvent, les gens ne savent même pas ce qu’ils devraient donner. Ainsi armés de ces chiffres, entre autres, nous avons préparé un dossier de gouvernance qui contenait : de l’information sur les dons, les façons d’effectuer des dons (comme les PPA — paiements préautorisés —, les legs, les fiducies résiduaires de bienfaisance), un compte-rendu théologique et biblique des dons, de même qu’une analyse des budgets des cinq dernières années mettant l’emphase sur les dons planifiés.

Cependant, le but de notre campagne ne se résume pas à collecter des revenus par des dons planifiés mais aussi à souligner l’importance des promesses de don. Dans le but d’élaborer un budget plus précis et de renforcer l’importance de la responsabilisation, nous avons demandé à toutes les personnes de la paroisse de s’engager. C’est là un véritable défi pour ceux qui se sentent mal à l’aise avec l’engagement, particulièrement pour ceux qui craignent de faire des promesses qu’ils ne seront peut-être pas capables de tenir. Néanmoins, beaucoup de personnes ont relevé ce défi précisément parce que la culture de notre église évolue vers une communauté qui communique plus clairement et de façon plus transparente sur tous les aspects de notre vie ensemble, y compris nos finances. Nous sommes en train de devenir une église qui est plus généreuse dans tout ce que nous faisons et le succès de notre campagne de gouvernance sera l’expression tangible de ce changement et de notre gratitude.

Car nous croyons que la gratitude survient lorsque l’illusion de la pénurie se transforme en une réalité d’abondance. Notre Dieu en est un qui nous donne abondamment, à travers les uns les autres. Lorsque nous voyons réellement combien la grâce de Dieu touche nos vies, nous ne pouvons qu’être inspirés à donner.